Quel type de fosse septique choisir : pvc, béton, toutes eaux… ?

Les types de fosse septique : plan d'ANC

Les différents types de « fosses septiques » aujourd’hui disponibles dans la filière traditionnelle agréée (par le Ministère de la Transition Écologique) sont :

  • la fosse avec épandage
  • la fosse avec filtre à sable
  • la fosse avec filtre à massif de zéolithe
  • la fosse avec massif filtrant compact
  • la phytoépuration, ou lagunage
  • la micro station d’épuration (à culture libre ou fixée)


Les trois premières catégories d’installations correspondent à des types de fosses septiques. Les cuves sont essentiellement disponibles en béton ou en plastique, le choix du matériau dépendra du type de sol, de la capacité et des dimensions de la fosse (facteur d’écrasement et corrosion).

En aval de la cuve, pour le traitement secondaire, le choix est majoritairement laissé entre l’épandage, le filtre à sable, le filtre compact ou le tertre d’infiltration.

L’assainissement non collectif peut se faire avec plusieurs dispositifs agréés comme filières traditionnelles d’assainissement. Ces filières sont agrées et reconnues par les textes légaux.

D’autres filières, notamment écologiques, existent, mais à l’heure actuelle nous n’avons tout simplement pas suffisamment de recul sur leur efficacité (elles sont récentes) pour assurer leur agrément.

Les filières traditionnelles ont en commun, en amont, une fosse toutes eaux. En aval de la fosse septique toutes eaux, il y a un agencement filtrant du sol pour l’épandage, un filtre à sable, un filtre compact ou du lagunage pour la phytoépuration.

Quelle est la différence entre une fosse septique et une fosse toutes eaux ?

Avant 1982, la fosse septique traitait les eaux-vannes et déversait directement les eaux grises dans le réseau de traitement. La fosse toutes eaux remplace désormais la fosse septique.

Désormais, la fosse « septique » dite toutes eaux collecte et traite à la fois les eaux vannes et les eaux grises pour une pré-épuration. Il existe des fosses septiques avec recirculation ou des fosses septiques avec oxygénation, d'autres avec brassage ou sans...

Les différents types 

Épandage 

Un réseau de tuyaux d’épandage rigides est enterré dans le sol, dans un lit de gravier. Il épure les bactéries résiduelles avant de restituer l’eau traitée dans le sol.


C’est à l’heure actuelle la méthode la plus économique puisque c’est le sol lui-même qui constitue le milieu d’épuration et de dispersion. L’épandage est réservé aux sols meubles et bien perméables, avec un espace disponible suffisant.

Filtre à sable

Un massif de sable siliceux lavé remplace le sol naturel. Des tuyaux d’épandage, comme dans l’épandage naturel, sont recouverts cette fois de ce sable, qui traite l’eau grâce aux les micro-organismes fixés aux grains de sable.Les eaux traitées sont ensuite rejetées soit dans le sol pour l’irrigation, soit vers le milieu hydraulique superficiel, soit vers un puits d’infiltration. 


Le filtre à sable est plus compact que l’épandage classique et convient lorsque la perméabilité du sol de la parcelle n’est pas adaptée à l’épandage. Lorsque le filtre est partiellement ou complètement hors-sol, on parle de tertre d’infiltration

Massif filtrant zéolithe

Un massif à base de zéolithe naturelle de type chabasite est placé dans une coque étanche. Une couche à granulosité fine et une couche à granulosité épaisse filtrent les eaux qui sont ensuite rejetées soit dans le sol pour l’irrigation, soit vers le milieu hydraulique superficiel, soit vers un puits d’infiltration.

Massif filtrant compact

Le massif filtrant (zéolithe, copeaux de coco, laine de roche, sable, etc.) reçoit l’ensemble des eaux usées domestiques prétraitées.

La percolation de l’eau se fait dans le massif filtrant (rétention de la biomasse produite au sein du massif) qui rejette les eaux qui sont ensuite rejetées soit dans le sol pour l’irrigation, soit vers le milieu hydraulique superficiel.

Phytoépuration (ou lagunage) 

Un massif filtrant sur lequel des végétaux sont plantés. Le végétal n’a pas de rôle épurateur en soi, mais permet la bonne aération du massif filtrant et a un pouvoir décolmatant.


Il est à noter que les massifs filtrants plantés sont soumis à la procédure d’agrément ministériel. Cette filière est éligible à l’éco-PTZ (c’est la seule à ce jour).

Phyto épuration

Elle fonctionne grâce à une oxygénation forcée qui permet un fort développement de bactéries aérobies (ou biomasse) qui dégradent les matières polluantes.


Le traitement primaire, appelé « prétraitement » ou « décanteur primaire » assure la séparation des phases (solides et flottantes) pour délivrer un effluent (liquéfié) adapté au traitement secondaire, le « réacteur biologique », qui est réalisé dans une seconde cuve dans laquelle les eaux usées prétraitées ou décantées sont aérées par un générateur d’air assurant également le brassage et l’action de bactéries. 


Le gaz et les boues générées sont extraits. Les eaux sont ensuite rejetées soit dans le sol pour l’irrigation, soit vers le milieu hydraulique superficiel.

Avantages et inconvénients d'avoir une fosse septique

Il existe plusieurs types de « pré filtres » pour fosse septique. Leurs fonctions sont différentes et leur pose est à envisager selon vos besoins. Ils peuvent considérablement augmenter la durée de vie de votre filière, donc ne pas négliger leur utilité.

Il est conseillé de nettoyer au jet, une fois par an, les matériaux filtrants.

  • Dégrilleur : placé en amont de la fosse septique toutes eaux, pour retenir les objets accidentellement présents dans les canalisations (jouets, bijoux, bouchons de bouteilles...). Son rôle est complémentaire à celui des siphons.
  • Pré filtre de pouzzolane (décolloïdeur) : placé en aval de la fosse ou incorporé selon le modèle. Il retient les particules qui auraient échappé au filtrage du traitement et prétraitement, et permet de réduire le risque de colmatage et d’augmenter la durée de vie du système.
  • Bac à graisse (dégraisseur) : permet de retenir et de stocker les graisses afin d’éviter leur solidification dans la tuyauterie. Obligatoire si vous possédez une fosse septique ancienne et s’il y a plus de 10 mètres entre votre fosse toutes eaux et votre habitation, ou en cas d’activité de restauration. Il doit être vidangé tous les 6 mois, par un vidangeur agréé.
  • Chasse automatique à flotteur : le phénomène de variation subite de débit dans les canalisations d’arrivée et de sortie de votre fosse septique est connu sous le nom de « ’à-coup hydraulique », ou « pics hydrauliques ». Elle peut créer une saturation dans votre cuve et créer un problème au niveau de l’épandage, en plus d’user votre système plus rapidement. La chasse automatique se place entre la fosse septique toutes eaux et le le dispositif de traitement et libère une charge suffisante qui permet une répartition optimale de l’effluent sur toute la surface, améliorant ainsi l’infiltration et l’épuration dans le sol.

Nombre d’habitants et capacité d'une fosse septique

On calcule la capacité d’une fosse septique en EH (Équivalents Humains) ou pièces principales, selon le cas.

Le volume minimal pour une fosse toutes eaux est de 3000 litres (5 pièces principales, maximum).  Pour chaque pièce principale supplémentaire (chambre ou salle de séjour), le volume augmente de 1000 litres, soit 1 mètre cube.

Matériau et capacité de la fosse

Attention, une fosse septique en béton peut atteindre jusqu’à 10 000 litres et pourra donc équiper une habitation collective de type hôtel.


Les fosses septiques en plastique dépassent rarement les 4000 litres, elles ne sont donc pas adaptées pour les gros volumes.

Le volume d’une fosse septique doit correspondre à 50 % de celui d’une fosse toutes eaux.

Par exemple, pour une habitation de 3 chambres (5 pièces principales), le volume d’une fosse toutes eaux doit être de 3m3, celui d’une fosse septique de 1,5 m3.

Le nombre de pièces principales se calcule ainsi :

Nombre de chambres +2

ou

Nombre de chambres + nombre de pièces pouvant servir de séjour

Nombre de pièces principales

<5
6
7
8
10

Volume en litres

3000 l
4000 l
5000 l
6000 l
8000 l

Dimensions du bac à graisse : le bac à graisse est obligatoire si vous disposez d’une fosse septique ancienne, ou si votre fosse toutes eaux est située à plus de 10 mètres de l’habitation. La dimension du bac à graisses :

  • s’il traite seulement les eaux grises : 200 litres pour une maison individuelle
  • s’il traite toutes les eaux usées : 500 litres.

Dimensions du filtre à sable (ou du tertre) : la profondeur et l’épaisseur des matériaux utilisés resteront la même (environ 1,20 m de profondeur, 70 cm de sable + 20 cm de graviers + 20 à 30 cm de recouvrement en terre végétale). La largeur d’un filtre à sable reste également la même, à savoir 5 mètres.

De la même manière que pour la fosse, le dimensionnement se fait en fonction des pièces principales, à partir de 4 pièces principales.

Nombre de pièces principales

4
5
6
+1

Surface en m2

20 m2 (5x4)
25 m2 (5x5)
30 m2 (5x6)
+5 m2 

Dimension des tranchées d’épandage  : le dimensionnement des tranchées se fait en fonction de la perméabilité du sol.

C’est un bureau d’études qui mesurera cela, grâce à un test de perméabilité. La perméabilité (K) se mesure en mm/h.

On commence avec un minimum de 5 pièces principales, avec des seuils de perméabilité allant de 15 à 30 mm/h, 30 à 50 mm/h et plus de 50 mm/h. Une perméabilité inférieure à 15 mm/h est trop faible pour accueillir un épandage.

Nombre de pièces 

5
6
7
+1

15-30 K

​80 m
​96 m
​112 m
​+16 m

30-50 K

​50 m
​60 m
​70 m
​+10 m

>50 K

​45 m
​51 m
​57 m
​+6 m

Dimensions du puits d’infiltration : le dimensionnement d’un puits d’infiltration correspond à une surface de contact avec la couche perméable. Elle doit être de 2 m² par pièce principale. On utilise la formule suivante :

h = (S - ( π x R² ) ) / (2π x R)
Hauteur à creuser en m = (Surface de contact en m2 - ( π x Rayon du puits en mètres² ) ) / (2π x Rayon du puits en mètres)

Dimensions de la microstation d’épuration :

Nombre de chambres potentielles x 1,5

Capacités d'accueil

Pensez bien dans tous les cas à intégrer les capacités potentielles futures d’accueil de votre habitation, pas juste les capacités actuelles !


Un dimensionnement trop petit à mesure que votre habitation s’agrandit, ou que des enfants arrivent pourrait remettre en cause la conformité de votre fosse septique. Prévoyez toujours une marge de sécurité.

Rappel des prix de fosse septique

Le prix moyen d’une installation d’assainissement non collectif varie entre 3 000 et 15 000 € selon la taille de l’installation, le type de filière sélectionné, et les travaux engendrés par la topographie. Le coût moyen étant de 9000 €.

La cuve seule n’est pas le principal poste budgétaire. À cela il faut ajouter les coûts de fonctionnement liés à l’entretien, comme la vidange, la maintenance, la consommation énergétique de la micro station d’épuration, le changement des matériaux de filtration, ou encore la dépose des matériaux en fin de vie.

Les travaux sont soumis au taux réduit de TVA de 10 % pour les maisons de plus de 2 ans.

Les contrôles du SPANC font l’objet d’une redevance, qui varie selon votre localité. L’étude parcellaire pour déterminer la perméabilité du sol ainsi que la présence ou non d’une nappe phréatique et sa profondeur coûte entre 200 et 500 €. 

Type de fosse septique

Prix

500-2000 €

150-450 €

4000- 6000 €

Prix d'une vidange de micro station

150-300 €

Prix du contrôle SPANC

200 € tous les 4 à 10 ans

Budget annuel de maintenance

200 €

Regroupez-vous pour négocier les tarifs
Pour les études, les travaux ou l’entretien de votre fosse septique, se regrouper entre voisins peut permettre de négocier des conditions plus intéressantes.