Composition et fonctionnement d’une fosse septique. Ce qu’il faut savoir.

L’assainissement des eaux usées est une obligation légale en France. La qualité de l’eau fait l’objet d’un suivi et de contrôles stricts.

Toute habitation, individuelle ou collective, doit disposer d’un système d’évacuation des eaux usées qui permette de dépolluer celles-ci et de les rejeter dans les effluents ou dans le sol, sans polluer l’environnement ni engendrer de risque sanitaire ou environnemental.

Par « eaux usées », on entend :

  1. d’une part les eaux grises, rejetées par les salles de bains, cuisine, machines à laver, etc.
  2. d'autre part les eaux-vannes, rejetées par les toilettes.

Les eaux de pluie

Les eaux de pluie ne doivent en aucun cas être mélangées au réseau d’assainissement. Elles peuvent être récupérées dans un collecteur pour l’arrosage de votre jardin ou vos autres besoins personnels par exemple. 

Principe de fonctionnement de la fosse septique

Si l’habitation est installée dans un zonage de réseau collectif (également appelé tout-à-l’égout), les eaux usées seront dirigées via les canalisations vers une station d’épuration.

Le raccordement est obligatoire et à la charge du propriétaire et/ou de la commune, dans des mesures prévues localement. C’est le SPANC, un service public communal ou intercommunal, qui détermine les zonages d’assainissement de l’eau.

En France, environ 25 % des habitations, essentiellement rurales, ne sont pas reliées au réseau sanitaire collectif. Dans ce cas, l’habitation doit posséder un dispositif agrée dans la filière traditionnelle des appareils d’assainissement individuel. Il peut s’agir :

  • d’une fosse toutes eaux,
  • d’une micro station d’épuration,
  • d’un plan de phyto épuration...

Une fosse septique est un des systèmes autonomes d’assainissement des eaux usées de la maison, faisant partie des dispositifs de la filière de l’Assainissement Non Collectif (ANC).

L’ANC doit assurer plusieurs phases de dépollutions sur place : la collecte, le prétraitement (liquéfaction), le traitement (dépollution) puis le rejet. 

Contrairement à la fosse toutes eaux, qui collecte toutes les eaux usées de la maison (eaux vannes + eaux grises), la fosse septique ne collecte que les eaux-vannes (toilettes).

Le fonctionnement de la fosse septique est global : la fosse conserve les matières solides et le papier qui se transforment en boues puis en gaz. L’eau ressort ainsi propre et saine. Ces systèmes d’assainissement individuel permettent donc de traiter les déchets sur place sans transport.

La fosse septique accueille un processus de dépollution en trois temps :

  1. liquéfaction des matières solides et solubles
  2. transformation des boues en acides
  3. transformation des acides en gaz (carbone recyclable sans danger pour l’environnement)
La fosse septique doit répondre à des normes très précises, et être installée en fonction des habitants : son volume et sa capacité se mesurent en EH (Équivalents Humains).

Elle est ensuite reliée à une microstation d’épuration ou à un système de filtration par épandage pour le rejet des eaux traitées dans le sol, selon la méthode choisie et les caractéristiques du lieu.

Le fonctionnement de la fosse septique est donc comparable à une solution de prétraitement des eaux-vannes. Ce dispositif n’est plus installé à l’heure actuelle, car on privilégie le traitement des eaux-vannes avec les eaux grises.

Toutefois dans certaines habitations anciennes encore équipées d’une fosse septique en bon état, celle-ci est tolérée. Elle est remplacée progressivement par une fosse toutes eaux.

Matériaux fosse septique

Matériaux

La fosse septique prend la forme d’une cuve enterrée. Elle est la plupart du temps en béton, ou en plastique (PEHD ou PVC) avec fibre de verre. Une fosse septique en plastique doit être en permanence remplie d’eau, au risque de remonter par la poussée exercée par le sol. La fosse septique en béton étant plus lourde, elle ne présente pas ce risque.

On choisit le matériau de sa fosse septique en fonction du terrain sur lequel est réalisée l’installation. Sur un sol peu stable, le béton sera privilégié. Le plastique quant à lui résiste mieux à la corrosion et son étanchéité est également meilleure.

Le filtrage à l’intérieur de la fosse septique se fait par différents matériaux. Il peut s’agir de pouzzolane (petites pierres de lave) ou de filtres en polyéthylène par exemple.

Taille minimale d’une fosse septique

La cuve d’une fosse septique doit faire un minimum 1,50 m de haut. Sa capacité va dépendre du nombre d’habitants.

Le dimensionnement d’une fosse septique se base sur le nombre de pièces principales (pièces à vivre et chambres).

  • Jusqu’à 5 pièces principales : 3 m³
  • 6 pièces principales : 4 m3
  • 7 pièces principales : 5 m3
  • Et pour chaque pièce supplémentaire : + 1m3

Le seuil minimal étant de 1000 litres par EH et 250 litres par habitant supplémentaire.

Fonctionnement d'une fosse septique

Arrivée et sortie

Les canalisations d'arrivée et sortie de fosse septique doivent avoir un diamètre d’au moins 100 mm.

Pour le reste, une fosse ne doit pas être installée à moins de :

  • 35 mètres d’un captage d’eau
  • 5 mètres de la limite de propriété avec votre voisin ou d’un arbre
  • 3 mètres de l’habitation
cog

Pour limiter les problèmes d’écoulement, le bon fonctionnement d'une fosse septique suppose que la fosse soit implantée le plus près possible de l’habitation. Si elle est à plus de 10 mètres, elle doit être accompagnée obligatoirement d’un bac dégraisseur.

Le trou dans lequel est installée la fosse doit être plus large que la fosse et laisser un espace de 20 à 30 cm de chaque côté de la cuve. Le fond du trou doit être parfaitement plan et stabilisé par un lit de sable.

Aucun usage supplémentaire (construction ou stationnement) n’est permis au-dessus de l’emplacement de la fosse.

Des regards et trappes d’accès doivent être installés au-dessus de la fosse, en amont et en aval.

Pour ce qui est de la ventilation, il est nécessaire de prévoir une circulation d’air :

  • une entrée d’air (ventilation primaire) en amont du prétraitement
  • une extraction des gaz (ventilation secondaire) en aval du prétraitement, qui doit déboucher au-dessus des locaux habités et à plus de 1 mètre de tout ouvrant ou de toute autre ventilation, y compris l’entrée d’air.

Compartiments de la fosse septique

La digestion des boues se fait par des bactéries anaérobies, qui transforment les boues et liquides en gaz.

Ces bactéries qui sont soit libres soit fixées, assurent la décomposition de la matière en les transformant en acides puis en gaz.

  1. Les eaux vannes provenant des toilettes sont acheminées jusqu’à la fosse.
  2. Dans le premier compartiment de la fosse septique, le compartiment de prétraitement, une décantation physique amorce la décomposition des matières organiques. Les matières solides se déposent au fond de la fosse, ou elles forment ce qu’on appelle les boues. Les graisses remontent en surface et forment une écume. Grâce à des pré-filtres, l’écume et les boues sont retenues.
  3. Dans le second compartiment de la fosse septique, les bactéries anaérobies (qui se développent sans oxygène) entrent en jeu. Elles digèrent une partie des solides qu’elles transforment en gaz. Le système de ventilation de la fosse évacue les gaz en surface.
  4. Dans le troisième compartiment de la fosse septique, les eaux clarifiées sont dirigées vers un champ d’épandage, ou filtre à sable ou filtre compact, afin d’y subir un traitement dans et par le sol. Il s’agit bien souvent d’un réseau de drains de distribution en PVC, structuré en tranchées, dans une couche de graviers. De nouvelles bactéries finissent alors de décomposer la matière organique. Elles transforment l’azote en carbone nitrate.

La dépollution de eaux usées

Les bactéries, virus et autres menaces sanitaires ou environnementales contenues dans les eaux vannes sont épurés et absorbés grâce au cycle de fonctionnement de la fosse septique et de l'épandage/filtration.

Le bac à graisse

Le bac à graisse (ou dégraisseur) est surtout utilisé dans les habitations ou est exercée une activité professionnelle complémentaire, par exemple une maison d’hôtes, un hôtel-restaurant, etc.

Pour assister le travail normal de la fosse septique, on ajoute un bac à graisse, dont la fonction est de retenir les graisses en provenance de la cuisine et de limiter ainsi le taux de graisses dans les canalisations, qui pourraient selon le cas créer un engorgement et créer un phénomène de fermentation.

Le bac dégraisseur est obligatoire lorsque la maison n’est pas équipée d’une fosse toutes eaux, mais d’une fosse septique (ancienne installation) ou que la fosse est située à plus de 10 mètres de l’habitation.

En général un bac à graisse de 200 litres suffira pour une simple habitation, alors que les dimensions peuvent rapidement être plus importantes en cas d’activité de restauration.

À noter que le bac à graisse doit être situé en dehors du passage des véhicules et doit être ventilé indépendamment de la ventilation de la fosse septique.

La station ou pompe de relevage

Tout comme on peut poser un bac à graisse ou une grille avant la fosse septique, une station de relevage (ou pompe de relevage) peut s’avérer nécessaire selon la topographie du terrain. Elle se pose soit à l’arrivée soit à la sortie de la fosse (avant la filière de traitement).

La station de relevage est nécessaire pour compenser la planitude du terrain qui empêcherait l’écoulement de l’eau par gravité, ou si la filière d’assainissement est plus haute que l’habitation.

Il n’est pas rare que les habitations doivent installer une station de relevage pour se relier au réseau collectif.


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